mercredi 9 février 2022

Épisode 6

                     Aller vers ce qui nous appelle et nous éclaire
 
 
 
Longue, très longue et pénible attente.  Vous décrire la sensation présente dans ce module sphérique serait quelque peu difficile à mettre en mot. Je ne savais pas combien de... bien entendu que cet univers, ces galaxies environnantes n'avaient pas de temps. Le temps s'exposait à zéro. Et après avoir eu cette grande opportunité de pouvoir méditer, j'étais à penser que la galaxie Xedron, ces habitants m'avaient facilité la tâche en supposant que le temps leur était défini en seconde. Ils s'étaient tous foutus de ma gueule. Ah merde! Vous savez que je pense des choses non-fondées. Le problème est que j'imagine trop des scènes sans savoir si cela est véridique. 
Les prototypes de base, ce sont nous. Nous qui venons de quitter notre enveloppe corporelle, nous qui sommes morts voyageant d'une galaxie à l'autre, pour enfin s'abandonner là où nous nous sentons bien. Et pourquoi donc?

Le cycle d'incarnation, le cycle de réincarnation sur Terre était terminé, et cela avait pris fin en 2009. 
Je me suis encore perdue en vous expliquant des choses que vous ne comprenez pas. Pardonnez-moi. C'est dans ma nature de raconter, d'expliquer et d'emprunter trop de bretelles. Alors, revenons à la description de cette sensation. 
La sensation était telle que de contempler une bulle de savon. Être absorbé dans cette observation délicate. Ne sentir qu'une inanité d'un rien tout autour de soi et d'un tout autour en soi. Être sans être et plané dans un cosmos incalculable de petites bougies allumées et de plusieurs coups de pinceaux multicolores.

En bref, l'isolement m'énervait! Être mort et ne pas l'être, m'énervait. Tout m'énervait, là, en ce moment. Et le plus incommodant d'être coincée me terrifiait. Que feriez-vous si vous étiez à ma place? Vous défonceriez cette boîte à coup de pied? Ce que je faisais, ce que j'essayais de faire mais trop à l'étroit. Et même crier, rien ne sortait de ma bouche.
Et dès cette seconde, une voix, en intérieur, me parlait. C'était Enirac, mon Mentor, et qui devait être connectée sur ma fréquence, car autrement, il n'y a pas de transmission. Voici ce qu'elle disait: « Enna... souvenez-vous que toute forme cubique est une réalité de 3D. Il est important de trouver la porte de sortie à l'intérieur de soi, car aucune porte à l'extérieur. »
Fascinant, n'est-ce pas? D'avoir un Mentor nous expliquant ces richesses. Mais dramatiquement parlant, le module était sphérique. Probablement que je devais aussi faire en sorte de trouver la porte de sortie.
Donc, en résumé: .................................................................
Mon état intérieur faisait abstraction de tout. Et je me rendais compte que, que, que... rien ne me venait à la tête! Je vous le dis, rien ne me venait à la tête. Tout s'était soustrait. Il n'y avait plus de passé, de mon passé, de mon futur. Il n'y avait que maintenant. Je ne pouvais plus vous raconter ce que j'avais vécu avant ni ce que j'étais avant et encore moins comment ma vie était, avant! Oh merde! Oui merde! 

 
Mais... mais, c'est quoi ce bruit? Vous entendez ça? On percutait à coups répétés mon véhicule spatial et tout se mettait à tourner dans tous les sens. D'accord, je sais, c'était loin d'être un véhicule spatial mais c'était un machin en suspension dans le cosmos. Qu'est-ce qui m'avait percutée? 


Anne - Comment je fais pour immobiliser ce truc? Il n'y a aucune console, aucune commande. Je peux tout de même pas faire semblant


Un corps étranger heurtait de plein fouet la structure de la sphère et dans une secousse immédiate, mes yeux croisaient ceux de cet antipathique Penseur, Leunamme. Je le reconnaissais par son costume démodé... ou pour ne pas froisser mon Mentor, costume moderne. Il flottait, il était mort... et... il n'avait plus l'apparence humaine. Mon visage grimaçait d'horreur. «Traitre! Sale traitre! Sale putain de traitre! Tu étais des leurs, enfoiré!» Criais-je.


Pendant que les habitants de la cité Armonia dormait, un petit garçon ne trouvant pas le sommeil, veillait la clarté du cosmos. Assis sur le bord d'une marche, il mangeait quelques petites baies. C'était à cet instant même qu'il avalait de travers une baie. Ses yeux de couleur argentée devenaient plus grands que sa bouche.  Il abandonnait les fruits et courait vers l'objet s'étant écrasé. À quelques mètres, il s'immobilisait... ou il figeait. Parce que moi, oui moi, j'avais le visage bien ancré dans un amas de paille. Eh oui, j'avais réussi à me déprendre de ce module sphérique. Amochée? Non. Étourdissement et le mal de gravitation.


Anne - (Je me levais de peine et de misère) Excuse-moi, petit. Je pense que je vais... vomir. (Tournant dos au jeune) 

Mail - Vous êtes un prototype de base?

Anne - (je relevais ma tête) Euh... 

Mail - Je vous ai vu tomber de là-haut. On aurait dit, une étoile primitive. Mais, c'était vous. Est-ce que ça va?

Anne - Attends... je sens... (je me tournais encore et vomissais toutes mes tripes) 

Mail - C'est le mal de la pesanteur. (s'approchait de plus près) Ça va mieux?

Anne - Oui. (j'essuyais ma bouche avec la manche de mon habit) Tu es qui, toi? Je suis où? Dans l'univers des petites personnes? 

Mail - Je me présente. Mail. Et vous?

Anne - Enna. Enna, prototype de base.

Mail - Vous avez un Mentor?

Anne - Comme tous les prototypes de base. Mon Mentor est Enirac. 

Mail - Que faisiez-vous là-haut?

Anne - Ça... petit, je n'ai pas à répondre à toutes tes questions. Ici, c'est où?

Mail - L'entrée de la Cité Armonia. Et pour vous rendre aux unités résidentielles des Mentors et des prototypes, il faut prendre ce sentier. (pointait du doigt)

Anne - Je te remercie, Mail. Retourne chez toi. Avant que tes parents s'inquiètent. 

Mail - Vous... vous marchez?

Anne - (marchais vers le sentier indiqué) Oui! Besoin de dégourdir mes jambes. 

Mail - (à voix basse) Apprentie... pas de chance. J'aurais aimé voir un Mentor. (retournait chez lui)


Un pas à la fois. Un autre pas, puis un autre et le chemin indiqué par ce petit Mail paraissait s'allonger à chaque pas. M'avait-il dupée, bernée, trompée. En effet, je venais d'extraire de ma tête trois synonymes. 
Le cosmos, vaste univers aussi éclairé que... silence... je sentais une présence. Aucun muscle de mon corps ne remuait. L'écoute de mon oreille droite s'intensifiait. Ce n'était pas un animal. D'ailleurs, la vie animale sur Armonia n'existait pas. 
Bon... oui d'accord. Il ne m'était impossible de le confirmer à 100% leur inexistance. Je n'avais vu que des... êtres dotés de Savoir et de Rayonnement. J'insiste avec la majuscule. Je poursuivais la marche dans un décor plutôt étrange. Il me semblait d'avoir franchi un champ de maïs. Par la suite, une forêt s'étant dissipé dans un brouillard et tout près un marécage où de minuscules lumières s'agitaient nerveusement. 

Et, en l'espace de quelques secondes, de gigantesques montagnes à perte de vue. «Merde! Vous avez fini de me tester?» Oui, je sais. Il m'arrivait très souvent de me parler et de me répondre. Un état naturel, disait-on. Je ne pouvais développer davantage. J'aurais aimé mais un vide, un blanc, un trou de mémoire. Et encore là, à cet instant, la voix d'Enirac se faisait entendre dans mon coeur et non dans ma tête. Elle disait: «Rassurez-vous, vous n’êtes pas en train de perdre la tête! Se parler à soi-même est quelque chose de naturel et de très positif! Cela permet de mieux retenir une information, de s’encourager, de lutter contre son stress ou encore de se soulager.» 
Sur ce, elle avait raison. Il fallait me soulager. J'avais envie. Un peu gênant, j'admets. Et où me soulager sans me faire pincer, piquer, mordre les fesses? Non... je ne pensais pas à autre chose. Je devais coûte que coûte trouver un endroit paisible. 


Anne - Je suppose que tant que je n'atteindrai pas le grade Mentor, j'aurai des sensations comme celle-ci. Ça fait exprès, je ne vois aucun lieu ou je serai à l'aise pour faire... (apercevais quelque chose) Hé! Sortez de votre cachette. Je sais que vous me suivez depuis un bon moment. Allez! Sortez! N'attendez pas que je me... que je me mette en colère. Quand je suis en colère, je vous jure, que tout devient laid. Oui... très laid. (petit silence) la Cité Armonia 


Sur ces mots, devant moi, des flambeaux allumés éclairaient la majestueuse Cité Armonia. Quelle magnifique spectacle. Je n'avais plus qu'à suivre l'allée des flambeaux. La Cité, symbole de profondeur et d'élévation d'Esprit dignement représentée par de grandes et hautes portes s'ouvrant automatiquement. 
Aucun gardien aux aguets, aucune surveillance. Vivre et laisser vivre! Pour la première fois, j'avais exploré les alentours et n'avait croisé qu'un gamin. Je devais préciser, un gamin, à l'extérieur de la Cité. Et... mais oui! J'allais oublier! Autre chose me suivait. Qui? Quoi? Pourquoi?

Ebua - Bienvenue à la Cité Armonia, prototype Enna. 
 
Anne - (Ma tête tournait sur 180°) Vous connaissez mon identité?
 
Ebua - Ici, rien ne nous échappe. Si vous voulez bien, entrons.
 
Anne - Je ne voudrais pas paraître impolie. Qui êtes-vous?
 
Ebua - Votre nouveau Mentor, Ebua.
 
Anne - Quoi? C'est une plaisanterie? Mon Mentor est Enirac.
 
Ebua - Était. (toutes les deux entrions à l'intérieur) À présent, toutes les questions nécessitant des réponses, vous devrez me les adresser. Je vous conduis à votre pavillon de ressource.
 
Anne - Non.
 
Ebua - Non? Non quoi?
 
Anne - Je refuse de vous suivre. 
 
Ebua - Allez... posez votre question. Je peux la sentir et cela vous démange. Prototype Enna? Quelle est la question qui vous tourmente?
 
Anne - Je ne m'adresserai qu'en présence de mon Mentor, Enirac. Et personne d'autre, est-ce clair? (elle fermait les yeux et demeurait inactive) Vous faites quoi? Une sieste? Vous dormez? Hé! Ho! (touchais lentement son visage) Elle s'est déconnectée? C'est possible de faire ça?


Et une voix très lointaine coupait l'intrigue actuelle. Une voix... comme si elle se trouvait en arrière-plan. Cette voix n'était pas celle d'Enirac, mon Mentor. Mais celle... j'étais éblouie et sans mot. Une apparition lumineuse, radieuse, éclatante se tenait juste à mes côtés. La couleur blanche, pure non aveuglante. Bon sang! Était-ce la même forme d'apparition que lorsque j'étais toute petite? Je ne devais pas m'en rappeler. Je ne devais pas avoir de souvenir. Cependant, cette lumière, je la reconnaissais. Elle était là et ici. Je pouvais la sentir à l'intérieur. Quelque chose clochait. Oh non... non... je perdais du sang. Le sang sortait de mon corps. J'étais trouée de projectiles. Je n'allais pas recommencer à vivre ces instants, n'est-ce pas? 


Anne - Non! Je vous en prie. Non... je refuse de me réveiller! Je ne veux pas me réveiller! Je ne veux plus me réveiller. Je ne veux plus, je ne veux plus... j'en ai assez de tous ces rêves. (pleurais) je ne veux... (tombais à genoux)


Une main caressait ma joue droite. Je la sentais. Je tremblais de froid, je tremblais de colère, je tremblais


Ebua - Par ici! Dépêchez-vous!

Anne - Je vous connais, vous. Je sais qui vous êtes. 

Ebua - (Le renfort arrivait) Allez-y doucement. Elle est blessée. 

Anne - (on me soulevait, me déposait sur un brancard) Sachez... sachez que vous n'êtes pas mon Mentor.

Ebua - Vous êtes blessée. Nous vous conduisons à l'infirmerie. Et... votre Mentor, Enirac, vous y attend. Allez, dépêchons. Rentrons tous! 


Ma tête se désépaississait de toute cette lourdeur portée depuis... vous pensez que cela pouvait faire des années-lumières? Ah pis merde... cela n'avait plus d'importance. Je vivais le présent et ne vivais que le présent. Sur Xedron, une galaxie inexplorée, irrévélée, inconnue par toutes les races intergalactiques. Se pouvait-elle être ignorée par les scientifiques? J'étais dans un état embrouillé. C'était alors que je fermais les yeux pour ne voir que ce merveilleux monde de la Cité Armonia. J'étais assoupie.


Chancelier - Non, attendez! Ce prototype doit passer en premier lieu dans l'isoloir de décontamination.
 
Ebua - Nous l'avons trouvé aux abords de la Cité, votre Chancelier. Et nous devons lui attribuer les soins rapidement. Elle doit être mise dans la salle des équilibrages énergétiques. C'est une priorité. 

Chancelier - Non! Transportez-la à l'isoloir de décontamination. 

Ebua - (faisait signe aux gardiens) À l'isoloir.

Chancelier - Mentor Ebua, merci.

Ebua - (à voix basse en suivant le brancard) Ça va pas plaire, à Enirac.


Le brancard ou si vous préférez, la civière franchissait plusieurs couloirs, plusieurs étages. Mes yeux exploraient par balayage tout l'environnement. Je savais, je connaissais et je reconnaissais chaque accès. Il n'y avait plus personne poussant la civière. Elle avançait en flottant. Les portes s'ouvraient et se refermaient. Étais-je entrée? Plus rien ne bougeait. Le silence absolu. 
Une voix déshumanisée parlait.
 
 
Voix - Décontamination dans cinq secondes. Quatre, trois,
 
Enirac - Arrêt immédiat! 
 
Voix - Le processus de la décontamination est arrêté. (Enirac entrait dans l'isoloir)

Enirac - Enna... Enna, écoutez-moi bien attentivement. Vous ne guérirez que si vous vous déconnectez pendant 300 secondes. Vous m'entendez? Je vous fais traverser dans l'ilôt des équilibrages énergétiques. Il faut être là, ce sera bénéfique. (la civière disparaissait) Pourvu qu'elle m'ait entendue...

Instauratrice - Mentor Enirac, que faisiez-vous dans l'isoloir? (prise par surprise) 

Enirac - Votre instauratrice, Newol... j'ai fait cesser le processus de la décontamination sur le prototype Enna. Il était capital de l'emmener sans faute,

Instauratrice - Aux équilibrages énergétiques, et pourquoi donc?

Enirac - Je suis Mentor et douze prototypes de base venus de partout dans le cosmos sont sous ma responsabilité. Je suis gardienne du Savoir sur Armonia et j'enseigne cette intelligence pour que chaque membre puisse développer et intégrer cette capacité. J'ai été qualifiée pour ce mandat, votre instauratrice Newol. Chaque Mentor a tous les droits de prendre des décisions. Et celle-ci est la mienne. Vous pouvez toujours consulter les modalités du Grand Parchemin Doré.
 
Instauratrice - Nul besoin. Je connais les modalités du Grand Parchemin Doré. Tout ce que j'espère est que vous savez ce que vous faites. N'oubliez surtout pas que cette novice a été infectée par une injection visuelle, la même substance inoculée par seringue sur les terriens, causant ainsi une forte dépopulation planétaire. Ces terriens ont tous péri parce qu'ils avaient un cerveau reptilien et humain.
 
Enirac - Je sais. Votre instauratrice, Newol. Je dois me rendre à l'instant à l'ilôt des équilibrages énergétiques. Veuillez m'excuser.

Instauratrice - Et moi, expliquer au Chancelier que le prototype Enna est entre de bonnes mains. 

Enirac - Merci. (traversait le couloir rapidement)


Le corps d'Enna se trouvait en suspension. Je pouvais décrire car aussi étrange que cela pouvait paraître, j'étais hors de ce corps. J'observais, j'analysais méticuleusement. Il fallait accorder 300 secondes sans vie. J'effectuais sur ce corps flottant, un balayage très particulier. Cela devenait très mais très étrange. Le physique... il n'y avait plus de couche, de particules physiques. J'assistais à une révolution d'un passage physique, astral à... merde, alors! Qu'est-ce que c'est? Et à l'instant précis de la reprogrammation de mon système inorganique, j'ai eu le souffle de l'éther.


Enirac- (entrait dans l'ilôt des équilibrages énergétiques)  Les 300 secondes sont passées. Elle 

Ebua - Nous le saurons bientôt, Mentor Enirac. 
 
Voix déshumanisée - Le prototype de base, Enna s'est auto analysée et a procédé à sa guérison. Objectif réussi! 

Enirac - Merci Ebua. (sourire)

Ebua - C'est tout naturel. Dommage que vous ayez manqué la traversée. 

Enirac - Petit contretemps avec l'instauratrice. Non... tout va bien. Et... parlez-moi de la traversée.

Ebua - (souriait) Vous pourrez la visionner une fois dans votre pavillon de ressource. Je l'ai archivée pour vous.

Enirac - (parlait à la voix déshumanisée) Anael, téléportation du prototype Enna à son pavillon de ressource et veillez à ce qui ne lui manque rien.
 
Voix déshumanisée - Téléportation en cours. (le corps disparaissait) 

Enirac - Je vous suis reconnaissante Ebua. Merci. (s'apprêtait à quitter la place)

Ebua - Mentor Enirac?

Enirac - Oui?

Ebua - Elle ne devrait plus servir comme prototype de base. (lui souriait) Ce n'est que ma perception. 
 
Enirac - Élaborez, je vous prie. 
 
Ebua - Tout ce qu'elle a dû subir et éprouver pendant des mois chez la race reptilienne, tout ce qu'elle a supporté dans le cosmos en gravitation, tout le parcours qu'elle a passé au travers pour revenir dans la galaxie Xedron et passer au travers de différentes visions pour enfin atteindre ce niveau de guérison par l'énergie, par son solaire. Ne mérite-t-elle pas de figurer parmi la FG?

Enirac - Enna serait donc considérée comme un soldat de la Fédération Galactique.

Ebua - Vous pouvez graduer, il est encore temps de postuler. 

Enirac - Je suis gardienne du Savoir. Je pourrai proposer sa canditature mais vous savez tout comme moi, Mentor Ebua, le prototype Enna doit remplir la fonction de base sur un cycle de 157680000 secondes. 

Ebua - La table de circonférence sera attentif, croyez-moi.

Enirac - Merci. (quittait la place) Oui Anael? (marchait dans le couloir)

Voix déshumanisée - De fortes perturbations s'émanent du prototype Enna et entraînent un déchaînement violent dans les pavillons de ressources A et B.

Enirac - Les... sérieux? Tous les prototypes?

Voix déshumanisée - Oui Mentor, Enirac.

Enirac - (communiquait par l'énergie) Alertez toutes les sentinelles et s'il-vous-plaît, réveillez le Chancelier. C'est un code rouge! Anael? Qu'est-ce qui a déclenché ce... cette perturbation? C'est endogène ou exogène? Anael? Vous êtes là? Merde! La communication est encore coupée.


Ce qui se passait était loin d'être une mutinerie. Je m'étais sortie doucement de ce sommeil et j'entendais une voix sans discerner une présence matérielle. Ce devait être un genre d'ordinateur à la fine pointe de la technologie très avancée, comme on en voit dans les séries de sciences-fictions. J'avais les yeux lourds et ils entrevoyaient des choses, des choses,
 
 
Voix déshumanisée -  Bonjour prototype Enna. Je m'appelle Anael. Comment vous sentez-vous?

Anne - Mal... très mal. Vous êtes un humanoïde? Un robot? Vous êtes invisible?

Voix déshumanisée - Je suis un ordinateur de haute gamme. Je peux tout faire. J'ai reçu un commandement de votre Mentor Enirac, de veiller sur vous. Alors, si vous vous sentez très mal, je dois vous demander à quel endroit.

Anne - J'ai une sensation de grande peur et de grand mal, là, à cet endroit. C'est intense, ça brûle et ca compresse au point...

Voix déshumanisée - C'est le ressenti. Votre ressenti. Dites-moi ce que vous resssentez, prototype Enna?

Anne - Un jaillissement de larve tout comme un volcan explosant. Je ressens

Voix déshumanisée - Prenez le temps qu'il faut.

Anne - Non... non Anael. Je dois intervenir sur le champ. Je dois protéger la Cité Armonia. Je dois le faire maintenant! Ils ont tous été empoisonnés par Leunamme, le Penseur! 

Voix déshumanisée - Vous ne pouvez pas, prototype Enna.  Vous n'êtes pas autorisée à prendre ces décisions. Veuillez ne pas quitter votre pavillon. Retournez... 
 
 
Et vous connaissez la suite de la situation. Enirac s'empressait de rejoindre le secteur des pavillons de ressource A et B en traversant les cloisons. Tous les Mentors sortaient précipitement de leur pavillon et sans plus attendre rejoignaient, eus aussi, le secteur en alerte.  Le Chancelier ainsi que l'instauratrice se trouvaient sur place entre ces deux corridors tout blanc où derrière ces grandes portes, les prototypes de base et avancés poussaient d'horribles hurlements aigüs coupant ainsi toute transmission vibratoire.
 
 
Instauratrice - C'est insupportable! Votre Chancelier, il faut à tout prix interrompre ces sons.
 
Chancelier - Je n'ai plus accès. Nous devons attendre les Mentors!  (Tous les Mentors arrivaient et se postaient devant les grandes portes de chaque prototype)
 
Enirac - (Face à face avec Enna) Enna... non... 
 
Voix déshumanisée - Mentor Enirac, je vous retransmets le message du prototype Enna!
« Non... non Anael. Je dois intervenir sur le champ. Je dois protéger la Cité Armonia. Je dois le faire maintenant! Ils ont tous été empoisonnés par Leunamme, le Penseur! »
 
Enirac - Oh non... c'est insensé. 
 
Anne - Mentor Enirac, je vous demande de me faire confiance. 
 
Enirac - Enna, vous n'êtes pas encore prête. Laissez-nous nous en occuper. 

Anne - Je suis morte maintes fois et je suis revenue chaque fois. Je ressens cette énergie solaire. Écartez-vous Mentor Enirac. Ayez confiance.

Chancelier - Qu'attendez-vous les Mentors pour vous mettre en action? Ne sentez-vous pas cette secousse sous nos pieds?
 
Instauratrice - Mentor Enirac, vous commettez une grave imprudence.

Ebua - Vous lui faites confiance?

Enirac - Oui.

Ebua - Dans ce cas, elle doit faire vite. La Cité tremble.

Enirac - Enna... nous sommes tous avec toi.
 
 
Fermant les yeux yeux, j'ouvrais grands mes bras de chaque côté de mon corps et à cet instant, le déploiement de l'énergie, ce soleil intérieur, si longtemps emprisonné, rayonnait intensément. Il y avait de fortes turbulences, de fortes résistances. Mais j'avais compris par les diverses séances que mon Mentor nous enseignait, que tout était illusion dans le monde des humains. Je maîtrisais le côté Astral et le côté Ether et j'en faisais une fusion. Cette crapule, ce Penseur avait indéniablement injecté ce poison optique dans chaque prototype, tout comme je l'avais été, ici même dans la Cité Armonia, et s'il n'y avait eu aucune intervention, eh bien, en douceur, la peur et le mensonge allaient s'imprégner comme l'avait été la planète Terre. J'exécutais ma puissance exactement comme dans ces semblants rêves terrestres. Tous ces rêves bizarres étaient en somme, mon cheminement, ma préparation, ma formation. Tous avaient une grande signification et une grande révélation. 
 
D'un sourire en coin, j'absorbais tout danger. Comme si je venais d'ouvrir un portail en moi, activant un appareil servant à aspirer ces fluides nuisibles, ces tremblements, ces agitations obscures.
 
En quelques secondes, les hurlements aigüs s'interrompaient. Tous les prototypes A et B se mettaient à briller leur lumière en harmonie. Le composant impur infiltré dans chaque membre se désagrégeait. Un silence vif enveloppait Armonia. Un jaillissement de lumière suivait le même rythme et cette fois-ci par tous les Mentors. L'unisson des coeurs solaires, un tel spectacle de cette intensité ne survenait que très rarement. Tout le monde souriait et se souriait. Les grandes portes s'ouvraient et les prototypes A et B sortaient tous lumineux. 


Chancelier - Belle exécution de la part de vous tous! Tout un merveilleux accomplissement, je suis fier de vous. Vous pouvez sourire, prototypes section A et B. Vous m'avez rendu fier.

Enirac - Enna... où... où est Enna?

Ebua - Étrange... elle était là, devant nous. 

Enirac - Je me rends à son pavillon. Elle doit y être. (Tous les Mentors et les prototypes s'applaudissaient)

Ebua - Je vous accompagne.

Enirac - Non. Mais merci, Mentor Ebua. Vos prototypes de base ont besoin de vous.

Ebua - Les vôtres aussi... ont (Enirac disparaissait) Je me chargerai des vôtres.


J'étais retournée au pavillon de ressource. Assise sur une chaise, accoudée à la table, la tête entre mes mains. Je versais des larmes et je ne pouvais pas les retenir. 
Je n'avais encore jamais vu, dans cet immense Complexe groupant des pavillons, des unités, quelqu'un pleurer. Et j'avais le sentiment de ne pas être comme eux. 
Oui, je sais bien! Je vous raconte des choses au-delà de vos croyances. L'histoire est décousue. Ah... je peux toujours faire appel à mon Mentor Enirac. Elle a des doigts de fée quand il s'agit de coudre. 
Non... elle arrive. Je sens sa pré
 
 
Enirac - (Apparaissait derrière moi) Enna. 
 
Enna - Le Chancelier me renverra vers les sales pattes de ces êtres reptiliens, je sais. Inutile de gaspiller votre énergie. Ce n'était pas à moi, de jouer ce rôle. 
 
Enirac - Enna
 
Enna -  Mais c'était plus fort que moi. Et même si je vous expliquais mon ressenti... c'est maintenant trop tard. À quand ma sentence? Il a décidé? Hé merde... je pleure et j'en ai même pas envie. 

Enirac - Enna

Enna - Même pas fichu d'avoir de quoi s'essuyer les yeux. Je suis trop sensible. Mais... mais je vous promets que ce sont les dernières larmes que je verserai. On se dit Adieu? Au revoir? 

Enirac - Enna. Vous êtes lumineuse. Vous avez fait ce qu'il fallait. Et... le Chancelier et l'Instauratrice veulent vous voir.

Enna - Ah oui? (reniflais) Pour faire connaître le jugement dernier? Je suis prête.

Enirac - Ce que vous pouvez être intelligente et à la fois gamine. (souriait) C'est un grand moment pour vous, Enna! Vous vivez un grand moment et nous le partagerons tous ensemble. Allez venez. (tendait la main)

Enna - Je ne suis pas... Mentor Enirac? (voix basse) Passer au travers des portes, des murs... je suis pas... j'ai pas acquis...

Enirac - Faites-moi confiance. Venez, ils nous attendent.


Magie! C'est de la magie! Je passais au travers des grandes portes, au travers des murs sans contrainte. Oui bon... c'était un grand moment! Un grand moment d'avoir maintenant et aussi longtemps que cela pouvait durer, une nouvelle famille.
Ma... nouvelle famille. De bien se sentir et d'être bien entourée.


Chancelier - La voici! Notre magnifique prototype Enna! Approchez, venez prendre place avec l'Instauratrice et moi.

Enna - (me retournais vers mon Mentor) C'est donc ça... le grand moment? Trois personnes assises à cette longue table?

Enirac - Ne les faites pas attendre. (à voix basse)

Enna - Votre Chancelier.... votre Instauratrice Newol. Je prendrai place à une condition.

Chancelier - Oh!

Enirac - Mauvaise idée... ne jamais proposer de condition

Enna - C'est un grand moment pour moi, nous sommes tous d'accord, votre Chancelier?

Chancelier - Euh... oui ça l'est. Alors, vous

Enna - Je prendrai place avec tous les prototypes avancés et tous les prototypes de base ainsi que tous les Mentors. Grand moment pour tous! 

Chancelier - Ah...

Instauratrice - C'est son grand moment, elle a tous les droits, votre Chancelier. 

Chancelier - Pour cette fois, prototype, Enna. Pour cette fois, cette condition est accordée!


Vous auriez dû voir son expression faciale. Le Chancelier accordait une faveur à un prototype! Ah oui! Je vous le dis, j'étais totalement en feu (d'euphorie). De voir attabler, tous les Mentors et tous les prototypes à la même table que le Chancelier.
Nous célébrions notre lumière! Vive la lumière en nous!
De bons grands crus à la portée, de la nourriture en abondance recouvrait la très longue table. Rires, sourires, joie rayonnaient et gonflaient nos coeurs solaires. Tout était festif.
J'étais heureuse de nous voir tous heureux.
 
 







 
 




 
 
 
 





   

Interlude musical

Un moment à part avant l’épisode 12, à un moment donné. Ma composition des paroles et la musique créée par l'IA. Enna se laisse entendre...