samedi 28 août 2021

Épisode 2

                            Vivre un rêve ou vivre une illusion

 

Dans la seconde suivante, j'ouvrais mes yeux et... le réflexe de les refermer aussitôt. Je prenais de grandes respirations, je serrais très fort mes mains. Bon, je les avais jointes sur mon plexus, les serrant très fort, je ne priais pas, je vous assure. Je tenais à me convaincre que j'allais retrouver l'endroit, le dernier endroit où mon corps avait été abandonné. Pourquoi? Vous avez donc tout oublié? Dois-je rappeler quelques scènes afin de vous rafraîchir la mémoire? 

Évidemment que j'ai fait exprès d'avoir tout oublié. C'est facile! Comme c'est un rêve, je n'ai qu'à vouloir, qu'à souhaiter une chose et voilà, le tour est joué. Je contrôle chacun de mes rêves depuis très longtemps. Et, cette androïde Enirac a tout simplement gobé ma conviction, ma vérité. Oui, ce qui me fait penser qu'il ne me restait que moins de cinq minutes pour agir. Ou 300 secondes. C'est fitchtrement con.

Les respirations amorcées, je rouvrais les yeux tout en retirant mes mains jointes très lentement. J'avais l'impression d'être en déséquilibre ou de ne plus savoir comment me tenir debout. Mon corps s'effondrais au sol et péniblement, j'arrivais à peine à respirer. Et le sang coulait sur mes vêtements et, et, je...

Ma tête tournait dans tous les sens. Il y avait une personne autour de moi, près de moi... trop près de moi. Je la repoussais d'un coup de pied. La personne... mon pied... nom de Dieu! Mon pied passait au travers de la personne! Et, soudain, comme un aspirateur, je sentais mon corps monter à grande vitesse vers le haut. Oui! Je ne vous mens pas, c'est ce que je sentais. Monter vers le haut... et...oh non, merde! Descendre aussi rapidement que d'être montée. J'étais à quelle altitude? Comme tout est si petit de là-haut et peut devenir grand en si peu de temps.

Mon corps se fracassait contre le sol. Eh bien, si c'est cela être morte et ne pas l'être tout à fait, je vous en conjure, de mourir direct et de ne pas souhaiter que ce soit un rêve. 

Je levais la tête et, ça c'était bizarre. J'avais l'impression que mes yeux numérisaient toutes les cibles en visuel. Fascinant! Trop fascinant! Vous voyez ce que je vois? Vous voyez toutes ces personnes marchant sur le trottoir de chaque côté de la rue? Tout ce monde, vous les voyez comme je les vois? Non? C'est complètement du délire. Tous... 

 

Anne- (me levais en gardant l'équilibre) Hé vous? Dites-moi! Pardon! Hé! Monsieur? Je suis en Chine? Ici, Chine? China? Vous comprenez ma langue? Is this China here? Nous, vous et moi, Chine? C'est désespérant. Personne ne répond, personne ne me voit. C'est vraiment stupide! Encore tombée dans un rêve qui n'en fini plus.

 

Et puis, mes yeux captaient des signaux provenant non loin d'ici. Je les laissais me guider. Je ne sais pas comment j'ai obtenu cette faculté surnaturelle mais ce n'était pas le moment de la perdre. Une grande vitrine à 3 mètres de distance, je m'y approchais. Une affiche collée exposait le menu du jour. Alors, c'était un restaurant. Je lisais à voix haute afin de bien assimiler chaque mot.

 
Anne- Jeudi 13 août 2020. Bienvenue à tous nos clients. Soyez rassurés que notre commerce est désinfecté régulièrement. Le masque est de mise pour tout le personnel, les employés et les clients. Restons solidaires! Voici le menu... du jour. Poutine... pizza, hamburger. Oh merde... oh merde! Ce n'est pas la Chine. Je ne suis pas en Chine. C'est, c'est... pas...

Je tournais la tête vers tous ces gens marchant et portant des masques. Ils ne pouvaient pas me voir et c'est clair. J'étais en 2020 alors que... que supposément je suis morte depuis... j'ai été tuée... non! Nous avons été piégés par un groupe de terroristes, et, cela s'était passé en 2017. Nom de Dieu! Mais qu'est-ce qu'il y a eu de si affreux? 
Mon corps, mon coeur, ma respiration, plus rien ne répondait. Je manquais d'air. Et je constatais de nouveau mes vêtements couverts de sang. Saisie d'une forte panique, il était temps de quitter ce cauchemar avant que la panique puisse entièrement s'emparer de mon être.

 
Anne - Mes yeux... je les ferme et je, je,... (un jet d'eau puissant giclait en plein sur moi)
 
Enirac - Et maintenant, vous êtes réveillée? (arrêtait le jet d'eau)
 
Anne - (très en colère) Ça va pas, non? 

Enirac - En effet, ça ne va pas. Vos actions indisciplinées m'ont coûté un pensum de 432,000 secondes. Et comme si cela ne suffisait pas, je dois
 
Anne - Vous êtes en colère, Enirac?
 
Enirac - Non! Je ne sais pas. Il se peut. J'avais les qualifications du mentor haut gradé pour guider un prototype avancé. C'est ce que nous étions supposés d'avoir. 

Anne - Je fais comment pour sécher mes vêtements?

Enirac- (soupir) Et, elle n'a écouté aucun mot de ce que je disais.

Anne - Si. Mais moi, les gens qui se plaignent, pas trop mon genre. Vous pensez que si je me concentrais très fort, mes vêtements sécheraient?
 
Enirac - Enna... (jetait un regard perçant)  je ne me plaignais pas. Et, vos vêtements sont intacts.
 
Anne - Vous utilisez la magie, vous aussi. C'est dingue! Merci Enirac. 
 
Enirac - Je vous prierais de bien vouloir réintégrer votre pavillon, et sans discuster. (j'hésitais) Tout de suite.

Anne - (passais devant elle) Mais auparavant, j'ai une question.

Enirac - J'ai dit sans discuter.

Anne - Que s'est-il passé en 2020?
 
Enirac - Rien.

Anne - Vous devez me donner une réponse. Qu'est-il donc arrivé en l'an 2020 pour que le monde entier soit masqué, mentor?

Enirac - Du repos vous fera le plus grand bien. Je vous raccompagne. (marchaient d'un pas rapide dans ce corridor d'un blanc immaculé)

Anne - Répondez-moi! 

Enirac - Enna

Anne - Pourquoi cet entêtement de m'appeler Enna? Mon nom est Anne et je veux tout savoir. Tout! Pourquoi suis-je dans

Enirac - Je vous le redis. Vous n'êtes pas censée de vous rappeler  quoi que ce soit. (devant les grandes portes qui s'ouvraient) Entrez.

Anne - (Entrais et repérais quelque chose d'inhabituel) Je m'échapperai. Personne ne me retiendra en cage. Je n'ai qu'à modifier mes rêves. (Les grandes portes se refermaient) 

Enirac - (communiquait par la pensée) C'est ce que nous verrons.

Anne - (Haussais le ton) Et sortez de ma tête!  

Enirac - (par la pensée) Calmez-vous, Enna. 

 
Anne - Me calmer? Comment pourrais-je me calmer? Y a rien à casser. Rien à lancer sur les murs. La pièce est complètement vide! Rien, rien, rien! Et je déteste le blanc! Je déteste cette couleur du plancher jusqu'au plafond! Je déteste tout! (me trouvais devant les grandes portes) Et je vous déteste! (Donnais un coup de pied dans une des grandes portes)
 
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le mentor encaissait le coup de pied durement et toute cette puissance la propulsait contre le mur de derrière. Elle était solidement secouée. Comment cela était-il possible? Je n'entendais plus rien dans ma tête. Sans doute parce qu'elle n'était plus là. C'est bizarre, je me sentais plus détendue. Un bon coup de pied dans la porte sans aucun éclatement, aucun son et pourtant l'élan était très fort. Mais bon... je me rendais compte que cette action m'avait calmée. J'avais un mince sourire de satisfaction harponné aux lèvres. J'examinais cette grande pièce vide étant si magnifique à ma première visite. 
Sans savoir comment, la pièce vide se meublait. Et ce qui vous épatera encore plus, elle se remplissait selon mon activité intellect. Comme si je sentais des objets, des accessoires, des modules dans mon esprit et que celui-ci les matérialisait. 
 
Alors, à cet instant, ce que je veux que vous compreniez est que dans un rêve sitôt que nous savons que c'en est un, nous devenons maître, nous devenons le contrôleur. Imaginez l'extase en moi d'innover mon pavillon. Le mien! Combien je souhaitais d'avoir un pied-à-terre. Mon réseau audio-visuel rien qu'à moi. Mais! Imaginez encore, dans un climat moderniste, futuriste qui n'est encore pas de notre monde actuel mais que les films, la télé nous accorde ces instants de fiction. Oui! Voilà ce qui m'enchantais. Voilà mon accomplissement justifié par la pensée reproductrice. 
 
Après de nombreuses minutes, le résultat était convenable. J'avais une chambre, une cuisine, un salon, une salle de bain et mon réseau central connecté sur le monde entier. Ce qui me donnait tout un appétit. «Allons à la cuisine» disais-je à voix haute. Pénétrant dans la cuisine évoluée... c'était trop excitant! Je vous montre? Oui? Je vous montre!
 
Anne - Cuisine connectée! 
 
Cuisine - (voix féminine) Connexion établie. Comment puis-je vous aider? 
 
Anne - Je voudrais un sandwich au poulet avec mayo, sel et poivre, svp.
 
Cuisine - Activation en cours ... ... ... ... ... ... 
 
Anne - Donnez-moi l'heure juste, svp
 
Cuisine - Il est 28,000 secondes et 900 secondes
 
Anne - Non pas ça. De notre temps, svp. Quelle heure est-il?
 
Cuisine - 28,000 secondes et 900 secondes
 
Anne - Oubliez l'heure. Quel temps fait-il dehors, svp?
 
Cuisine - Votre sandwich au poulet mayo, sel et poivre est servi.
 
Anne - Ah! Mer... il est où?
 
Cuisine - Là.
 
Anne - Là... là? Je ne le vois pas.
 
Cuisine - Désactivation en cours.
 
Anne - Non, non, attendez! Nous n'avons pas fini. Je n'ai pas demandé de vous désactiver.
 
 
Apparemment tout n'était pas encore parfait. Et sur cette imperfection, trois hommes se postaient entre la cuisine et le salon, comme par enchantement. Avais-je commandé sans m'en rendre compte, trois hommes vêtus en soldat du futur? 

1er soldat - Votre nouveau mentor a été blessée et nous sommes ici pour monter la garde.

Anne - Enirac est blessée? C'est grave?

3e soldat - (regardait le premier et le deuxième soldat) Nous n'avons pas reçu le constat médical. Nous avons eu l'ordre de monter la garde.
 
Anne - Vos uniformes sont incroyables. Elles sont de quelle siècle? 

1er soldat - (ils échangeaient des regards mutuels) Nous sommes envoyés pour monter la garde.

Anne - Ah ouais... eh bien, j'étais ravie de voir trois charmants soldats. (fermais mes yeux et les rouvrais aussi vite) Pouf! Disparus! C'est bien fait, je commençais à m'ennuyer. 
 
 
Dans l'instant, je sentais quelque chose couler au travers de la poitrine, de l'abdomen, des cuisses, dans le dos. C'était partout. Oh mon Dieu! Je perdais tout mon sang. Répugnant, j'en avais la nausée. 
 
Anne - Ça recommence... non, non, non, faut pas! (énervée) Je suis dans quel rêve? Oh...non... pas ça, je vous en prie. Pas ça!

 
Véhicules d'urgence, gyrophares, feux clignotants, sirènes faisaient écho en moi. Le personnel d'urgence, l'équipement médical, tous se hâtaient pour secourir les blessés. Et moi? Oui moi? Personne ne s'occupe de moi? Ils accourent... tous... et vers où? J'entendais un policier s'écriant que les terroristes avaient pris la fuite, qu'il fallait créer un périmètre de sécurité. Et une femme alarmée appelait quelqu'un, cherchait des yeux quelqu'un. Trop de bruitage dans ma tête, je ne parvenais pas à entendre ce qu'elle disait.
C'est moi... c'était peut-être moi qu'elle appelait? Et j'avais finalement compris que nous étions sur les lieux d'une attaque surprise organisée par l'état islamique, en 2017. Tout me revenait en mémoire. Émily, Dédé... et cette femme criant mon nom... maintenant, tout s'éclairçissait. C'était la PDG madame Howard. 
Que devais-je faire? Comment devais-je m'y prendre pour leur faire comprendre que je ne suis pas... morte? Et tout de suite après le point d'interrogation, mon nom submergeait plusieurs fois, une voix venant d'en haut et les images se brouillaient entre elles. Elles se détachaient du tout au tout. Pour enfin me réveiller et constater que j'étais dans un lit et qu'autour, le revêtement blanc colorait murs, plafond, et... un coup d'oeil vers le bas du lit... et oui, le plancher. En quelques secondes, je sautais à bas du lit en allant vers la salle de bain. À l'exception qu'il n'y avait pas de salle de bain. Je faisais un 90 degrés et ne voyais qu'un lit. 
Tous les composants matérialisés par l'esprit étaient disparus. Sauf bien entendu, le lit. Non... erreur! Dans le coin de cette grande pièce blanche, il y avait un miroir mural. 

Je poussais un long soupir. Le miroir me hantait depuis toute petite. Et si je regardais direct dans la glace, des choses affreuses apparaissaient. Par la pensée, j'essayais de le faire tomber, afin qu'il se brise. Mais voilà! Je ne dors pas, je suis réveillée. Et toujours seule! «Je me retrouve toujours seule» avais-je presque crié. Un murmure soufflé s'esquissait dans l'orifice interne de mon oreille  droite. C'était un "non". Et la voix continuait de murmurer jusqu'à ce que mes yeux cernaient l'individu. 
 
 
Anne - Qui êtes-vous?
 
 
C'était un homme costumé d'une longue tunique bleu pâle portant une barbe, une moustache et une chevelure d'époque ancienne.

Penseur - Je m'appelle Leunamme. Je suis un penseur.

Anne - Encore heureux que vous puissiez parler et non que murmurer. Votre... déguisement... c'est moi qui l'ai configuré?

Penseur - J'ai bien peur de vous décevoir. Ce que vous voyez est une parmi de nombreuses confections issues des mains talentueuses et exquises d'Enirac. Qui est, dois-je indiquer, votre Mentor. Vous aimez?

Anne - Un simple pantalon et une chemise vous irait très bien, Emmanuel.

Penseur - Leunamme, mademoiselle Enna. 

Anne - Leunamme, bien sûr. Et... comment se porte mon Mentor?

Penseur - Comment? On ne vous a pas mis au courant? 

Anne - Elle est blessée et c'est tout ce que j'ai pu apprendre de ces trois soldats. (il fronçait les sourcils) Qu'importe... je peux la voir?

Penseur - Euh... pour cela, il faudrait une autorisation signée par la table de circonférence, les douze consciences. Et je pense qu'ils ne sont pas prêts de revenir avant 94,608,000 secondes.

Anne - Vous vous foutez de ma gueule?

Penseur - Je pense que seuls les animaux ont une gueule, madame Enna.

Anne - C'est de l'ironie mortelle... je veux la voir, et j'irai la voir par moi-même. (fonçais vers les grandes portes)

Penseur - Je pense que si j'étais vous, je m'abstiendrais... mais puisque vous insistez.

Anne - Il n'y a pas de bouton de porte. Depuis quand fait-on des portes sans boutons de porte?

Penseur - Je pense qu'il n'y en a jamais eus.

Anne - Enirac! Ouvrez cette porte! Je sais que c'est vous qui avez retiré les poignées.

Penseur - Vous pensez qu'elle est derrière les grandes portes?

Anne - J'ose croire, oui. Enirac, vous m'entendez? Ouvrez!

Penseur - Essayez de glisser un petit mot magique. Je pense qu'elle en sera mieux portante.

Anne - (à mon tour de froncer les sourcils) Comme quoi?

Penseur - S'il-vous-plaît.

Anne - S'il-vous-plaît quoi?

Penseur - Laissez-moi faire. Mentor Enirac, ouvrez les grandes portes s'il-vous-plaît. (Les portes s'ouvraient) Ça marche à tout coup. Oh... je pense que vous aviez tort. Aucune énergie d'Enirac s'émane dans le corridor. 

Anne - Elle est blessée, donc, elle est à l'hôpital. Suffit de savoir où?

Penseur - Je vous conduis à l'infirmerie. Suivez-moi s'il-vous-plaît. 

Anne - Enfin! C'est pas trop tôt. 

Comme j'engageais le pas, le penseur se volatilisait. Ah bien là, je ne vous dis pas que j'en avais plus que ras le bol d'être dans cette conception de rêve ou dans cette dimension d'illusion. On exploitait trop ma patience, ma gentillesse, ma bonté. Tout ce que je vous ai montré jusqu'ici, oubliez. Oubliez que c'est magique, fantastique. C'est juste incompréhensible. Il n'y a plus rien qui tient, qui vaille la peine de continuer. Je suis anéantie. Je suis morte pour les uns et vivante pour les autres. Y a quelque chose que je n'ai pas compris. Y a sûrement quelque chose que je n'ai pas accroché mais quoi? Et pis merde! Faut que j'arrête de parler dans ma tête. Ça devient absurde. Et le bouffon penseur resurgissait, cette fois-ci, vêtu d'un sarrau médical.

Penseur - Pourquoi vous êtes-vous arrêtée? Allez, ne perdons pas de temps. Suivez-moi.

Anne - Vous disparaissez et je n'y arrive pas. Je suis réveillée et quand je suis réveillée, je suis dépouillée de cette faculté surnaturelle de passer au travers les murs.

Penseur - Vous souhaitez voir votre Mentor, oui ou non?

Anne - Oui.

Penseur - Donnez-moi votre main. (je tendais ma main) Fermez les yeux et laissez-vous guider par l'intérieur.

Anne - (prenais une profonde respiration, fermais les yeux) D'accord. 

J'écoutais l'intérieur et au même moment, je sentais mon corps tiré vers l'avant et d'un coup ferme, il heurtait de plein fouet le mur. 

Penseur - Je pense que... vous êtes réveillée. Prenons alors, l'ancien déplacement.

Anne - C'est-à-dire? 

Penseur - Marchons à pied.

Anne - S'il faut. (marchaient dans ce long corridor) Et pourquoi portez-vous un sarrau multicolore?

Penseur - Une création d'Enirac, vous aimez?

Anne - Le matériel est bizarre.
 
Penseur - Je pense que vous n'aimez pas.
 
Anne - Non, au contraire. (souriais) Il vous va comme un gant.
 
Penseur -  Ah! C'est ici. (ouvrait la porte sans poignée) Entrez, je vous en prie.

Anne - (entrais un peu craintive) Enirac? C'est moi, Enna!

Penseur - Non! 

 
Mais il était trop tard, le mal était fait. Une enseigne lumineuse affichait le signe de garder le silence. L'index sur la bouche clignotait. Comment j'aurais pu savoir si l'avertissement interagissait au son de la voix? Non mais, il y a beaucoup de lacune dans ce monde. Et ma voix, avait certes déclenché une quelconque alerte. Un dôme de cristal s'interférait entre nous et un corps allongé sur un lit suspendu sans attache. Ça alors! Impressionnant de voir ce futur. Il était évident que ce corps était celui d'Enirac.

 
Penseur - Vous ne pouvez vous y approcher.

Anne - Avec cet obstacle, c'est clair.

Penseur - Que lui avez-vous fait, mademoiselle Enna?

Anne - Quoi?

Penseur - Je pense que vous avez causé ces blessures.  Si non... elle ne vous aurait pas bloquée. 

Anne - Je n'ai rien causé, rien fait pour la mettre dans cette position. Je ne comprends pas pourquoi vous dites ça. Vous m'accusez? (La porte s'ouvrait subitement et une intrusion de soldats sans arme se pointaient)

Penseur - Nous avons un hybride dans la Cité. Je pense que c'est elle. Emmenez-la en détention immédiatement!
 
Anne - Ne me touchez pas! Je n'ai commis aucun crime. Enirac! Réveillez-vous! 
 
 
Trois soldats pour me maîtriser, je me débattais comme un animal sachant qu'on allait l'emmener à l'abattoir. 

 
Penseur - S'attaquer à un de nos membres de la Cité est un grave crime. Pour cela, il faut être un hybride. Et je pense que vous en êtes un. Et je le pense sérieusement. (faisait signe de la tête aux soldats) 

Anne - Enirac! Je suis désolée si je vous ai fait du mal. Je vous demande de me pardonner. Il... faut vous réveiller! (sortions de la pièce et la porte se fermait derrière) 

Penseur - (Le dôme de cristal se dissipait) Je n'avais guère le choix de la faire arrêter. C'est une menace. Elle est de l'ancien monde. J'espère seulement que vous ne m'en voudriez pas d'avoir pris cette décision.


J'étais inévitablement très en colère et angoissée. Pourquoi lui aurais-je fait du mal. Et comment lui aurais...
À ce moment précis, des blocs imagés apparaissaient devant mes yeux et j'avais l'impression que c'était des morceaux d'un casse-tête. Je les voyais mais eux, ces soldats, non. 
 
En un clin d'oeil, les morceaux s'inséraient les uns dans les autres et à ma grande stupeur, une vidéo se réalisait. C'était moi, oh oui, je me reconnaissais, et... j'assistais au coup de pied sur les grandes portes puis... la scène se mettait au ralenti afin d'observer la suite. Oh! C'est pas vrai? Oh mon Dieu... Enirac? Elle était derrière les portes et a ramassé l'effet du coup de pied. Son corps percutait rudement le mur. Ah... merde... c'était donc moi?

 
Soldat - (recevait un nouvel ordre par la pensée) Changement d'ordre. Déportation de l'hybride. Salle de téléportation. 
 
Anne - Salle de... écoutez... je sais ce qui est arrivé. Je reconnais mes torts. Pas facile de comprendre cette forme de vie future quand on est dans un corps... comment déjà vous dites? Bridé?
Je suis une bridée? Vous pensez que je suis asiatique? 

 
Stupides soldats qu'ils étaient. Pas un seul ne me répondait. On me transportait ailleurs. J'osais espérer que le ailleurs était meilleur que la déportation. De toute façon, mon combat s'annulait. Et puis... non... attendez! Je captais dans ma tête, des fréquences, des ondes et non, non, pas ça. Une voix. Oui! La voix d'Enirac. Je regroupais tous mes sens et j'écoutais attentivement.

Enirac - (allongée sur un lit aérien) Enna. Ne restez pas là. Trouvez un moyen de sortir de cette capsule. Calmez-vous. Fermez les yeux, visualiser votre évasion. 

Anne - Quelle capsule? Je ne vois rien. Je n'ai pas eu le temps de réaliser qu'ils m'avaient mis dans... 

Enirac - Vous êtes dans une capsule de téléportation. Ils vous renvoient en l'an 2021. Bon sang, Enna! Sortez-vous de là! C'est trop dangereux!

Anne - En 2021...?



 
 


 
 
 
 






 

 

 

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Interlude musical

Un moment à part avant l’épisode 12, à un moment donné. Ma composition des paroles et la musique créée par l'IA. Enna se laisse entendre...